mardi 31 octobre 2017

La paix soit sur toi, mon frère !

Trop de Droits de l'Homme tuent les droits des hommes.
« La crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse. Tous ceux qui l’observent ont une raison saine. (David. Psaume CX).
 Il y a 3.000 ans déjà que le roi David disait ... Oui, tous les insensés qui ne craignent rien, encore moins leurs mauvais penchants, quant aux juges n'en parlons pas pour ne pas les fâcher, ces types sont des fous et le proverbe russe ajoute :
-Ce n'est pas la loi qu'il faut craindre mais le juge. Comme c'est bien dit car, n'est-ce pas le principe qui donne du pouvoir à l'homme ?
Chérir la loi, craindre le juge

Le Juge, par la taule vise à rétablir la paix sociale avant, pendant et après la détention, solution valable, sauf que certains détenus font tant d'allers-retours entre la zonzon et leur zone que la prison n'est, en fait qu'une extension de leur quartier qu'ils ont mis en coupe réglée, se plaçant au dessus de toute loi républicaine ou principes moraux et se font les dispensateurs de la loi de Dieu dont ils interpréteraient les désirs et les commandements.
Des racailles sans foi ni loi, zélateurs d'un Dieu bon. On aura tout vu en prison !

A bien observer le fonctionnement de la prison, au premier abord on a l'impression que l'Administration et les surveillants tiennent les clefs de la prison. Effectivement, ils vous ouvre et referment les portes sur vous mais, tant que la prison ne fait pas de vague, ne se mutine pas, on ferme les yeux, on tolère. 
De même, comme dans la vie, ce sont les petits ou les intermédiaires qui trinquent comme si on condamnait le service postal de tous les envois de colis qui contiendrait de la drogue. 
De plus, une certaine organisation du service pénitentiaire laisserait penser que l'administration pénitentiaire, en laissant s'organiser trafics et rackets puis, en punissant par le cachot les sous-fifres qui transmettent cette drogue, on se donnerait bonne  conscience. 

On éradique bien les rats en prison mais pas les téléphones portables à la source de tous les trafics. Imaginez :
Un cimetière séparé de la Maison d'arrêt par une rue. De hauts murs et des barbelés. Près du mur d'enceinte, une première cour la A, habituellement celle du Premier étage puis une seconde cour d'égale dimension, la B des Animaux du 3ème séparée par une petite coursive de 2 mètres de large grillagée et embarbelée.
Petit problème : la puissance des catapultes leur permet rarement d'envoyer les galets enrobés de shit, de portables ou de viande hallal directement aux commanditaires, ceux de la cour B, nos Animaux et donc, tous les colis atterrissent dans la cour A.

Après moult observations, les gardiens estimèrent que les trois-quarts parvenaient dans la première moitié de la cour A. Il suffisait de rétrécir de moitié la première pour faire office de no man's land au grand dam de tous les détenus qui voient beaucoup de colis tant convoités pourrir sur leurs yeux, les gardiens les abandonnant de longues journées, tels ces blessées à Gravelotte pour, de temps à autre les ramasser.

Donc, vous voilà en promenade. Un gars de notre cour, accro au shit qu'il n'a pas les moyens de payer organise la réception des colis catapultés. Ce préposé de la cour A, gentil garçon au demeurant qui se fait pincer régulièrement par les gardiens prévient les groupes de détenus de la cour qui sont assis à discuter :
-Dans 5 minutes, les colis arrivent. Allez, marchez. Puis, à un gars qui, lui aussi n'a pas les moyens de sa consommation :
-Toi tu les balanceras de l'autre côté.

Un détenu, un ancien resté en cellule du 3ème à l'écoute de son portable crie de sa fenêtre :
-Attention...onnnnn ! Chaud devant. Certainement un ancien de la restauration rapide.
Effectivement, comme avec l'Express de Tokio, les colis, parfois plus d'une dizaine nous bombardent à l'heure en rebondissant violemment sur le bitume de la cour, finissant leur atterrissage en longues glissades dangereuses comme des Corsairs sur les porte-avions US.
Juste le temps de renvoyer le colis à son destinataire que les gardiens se précipitent dans notre cour, sortent le le ré-expéditeur et le punissent du mitard. Quant aux animaux du troisième ? Rien ne se passe. Le shit a été étouffé par les yoyos qui pendent des fenêtre et se balancent de l'une à l'autre.
Moralité ? Le catapultage laisse à désirer, comme l'organisation des promenades mais pas la réception des colis par les animaux.
 
En taule, rien n'avait changé pour eux depuis la nuit des temps sauf que les gardiens, dégoûtés de toutes ces foutues réformes incessantes avaient baissé les bras. Et, lorsque les derniers remparts baissent les bras, c'est la République qui baie tombe sa culotte, et voilà pourquoi nous nous sentions tous partie intégrée à une minorité visible n'étant plus sujets d'une France qui nous reléguait dans un dépotoir de non-droit pas plus maîtrisée que les quartiers dits déshérités où les administrations fuient comme la peste les populations incontrôlables parce délaissée au bon vouloir des gangs.
La République en ses prisons avouait ainsi sa démission.

Trop de droits de l'homme tuent les droits de l'homme. Les gardiens se plaignaient aussi de cette fuite en avant de l'Administration pénitentiaire, ce qui ne les empêche pas de toucher leur salaire. Enfin, dans un zone de violence et de non droit, heureusement que le Code de Déontologie rassure les gardiens et protège les détenus de la violence. 
Seulement, nous n'étions pas au courant de l'existence de ce torchon qui n'essuie même pas les plâtres en prison. Et puis, répondre à la violence bien installée des détenus par un code de déontologie, entrez dans la cage du tigre du Cirque Médrano et vous m'expliquerez votre méthode douce. La parlotte uniquement ?

En prison, nous ne sommes qu'un nom. Et encore : "Patrice, à l'infirmerie, Patrice, au parloir". Jamais le prénom, Gilles qui sautait toujours comme l'affectif qu'il implique : "Votre courrier vous devez l'envoyer ouvert, Arrêtez de foutre le bordel, Gardez votre humour pour vous, occupez-vous de vos affaires...". 
De plus, en me faisant coucher par terre dans un tout petit gourbi, bien tenu il est vrai par moi-même, et j'étais chosifié comme un pitt-bull dans son chenil en comprenant pourquoi les petits rebeus avaient acquis cette conscience communautaire : ils vivaient en cet endroit comme dans leurs rues et le contrôlaient totalement en terrorisant tous les non-croyants*, surveillants ou pas.

Pour nous ancrer dans un sentiment d'appartenance à une autre culture, on nous distribuait de la nourriture hallal. Pourquoi pas ? Puis arriva le temps béni du ramadan, le carême des musulmans. D'une cellule du troisième étage, si on n'entendait plus les cloches des églises paroissiales de notre bonne ville de Nîmes qui se furent tues depuis qu'elles incommodaient le voisinage, le soir, à la rupture du jeûne nous parvenait la voix radio-diffusée d'un muezzin. Il fallut plus d'une semaine pour que "The Voice" (La voix : en anglais dans le texte) cesse ses nuisances.

J’étais en taule dès le 18 juin et entamais une grève de la faim de 17 jours pour m’amuser et régaler mon monde. M'amuser, si on veut et régaler mon codétenu en lui donnant ma part.
-Tu fais la grève de la faim. On garde tout.
-Si tu veux. Mais pas les desserts.
-Les desserts aussi. 
-D'accord, je vais dire au Capitaine que tu m'en courages à poursuivre ma grève de la faim.  
Oui, je faisais par jeu cette grève qui ne m’empêchait pas de courir tous les jours accompagné de bouteilles d’eau et de galets, mais ma course, en fractionnés qui mécontentait les Animaux, inquiétant aussi le service de santé tant il faisait extrêmement chaud. 

Voyez qu’on s’amuse comme on peu en prison. Même le capitaine de la pénitentiaire ne me comprenait pas, comme vous mais lui, c’était normal car, à comprendre encore fallait-il se faire un tant soit peu perspicace :
-Votre grève ne sert à rien. Tenez, Roland Agret s’est même coupé des doigts. Ça lui a rapporté quoi ? Trois doigts en moins. Pour rien !
-Ben si, mon Capitaine, voyez qu’elle sert ma grève. La preuve ? C'est qu’on en parle.
Mon capitaine m’a regardé comme si j’étais un insensé mais le moins intelligent des deux n'avait pas compris ce que je lui servais.

J’aimerais rapporter maintenant un fait curieux : en juillet, le Ramadan nous réclama un temps-mort dans nos jeux. J'en fus marri, croyez-le. Nos petits Animaux chéris, pas plus fatigués que d’habitude de ne rien faire de leurs journées, de leurs nuit et encore moins de leur vie décrétèrent cette trêve unilatéralement, à mon grand dam tout simplement pour que tous les chrétiens et les gardiens comprennent une fois pour toutes qu’ils étaient de bons musulmans qui suivaient le jeûne en ne fréquentant plus la cour de promenade, ce qui fut dommageable à tous nos jeux, dont le plus prisé, celui des galets aurait pu mal finir…  Merci, messieurs les gardiens de n’avoir pas arrêté nos amusements.
Tiens, comme c’est bête, j’aurais dû proposer d’utiliser ces galets en palets pour jouer à la marelle, au moins pendant le carême, en allant de la « Terre au Ciel » à cloche pied, claudiquant après avoir reçu un boulet de mes amis, excellents tireurs. Tout indiqué, pour nos croyants : de la terre au ciel !

Je crois que mon récit n’est pas tout à fait exact car, dans le lot des lanceurs de tous projectiles, mots d’amour et autres crachats, nous avions un blondinet qui ne ressemblait pas aux rebeus, mais alors-là pas du tout sauf dans sa participation aux amusements. Par contre, dans son abêtissement, la ressemblance se faisait totale. Comme je ne le voyais plus pendant le ramadan, je le convertis avec les autres Animaux.

Voyez que le Ramadan a du bon en rendant les gens moins excités mais, passée la fête, passé le saint et nos abrutis d'animaux reprenaient le jeu là où on l’avait laissé, ce qui prouve bien que tous les imams de France affirment une belle ânerie, la prison les démentant : Ramadan ou pas, en ces choses de la morale, de la bienveillance et de la convivialité, l’Islam n’apporte pas grand-chose parce que ces jeunes racailles, bons croyants, au demeurant qui se tapaient un jeûne salutaire retombaient dans leurs errements sitôt fini le carême.

Il est certain que Bou g'hisane disposait bien d'un téléphone portable, oui, l'Homme de Merde (qui n'était pas le seul) car les colis catapultés de l'extérieur étaient annoncés et arrivaient à l'heure dite :
-Attention, les gars. Les colis arrivent. Allez, marchez... allez, allez, levez-vous. Tiens, toi, tu ramasses discret et tu les renvoies à la B.
-Qui, moi ? Si je ramasse, je donne aux gardiens.
J'avais bien pré&venu mon monde.

Plus tard, je sus que tout se sait en prison, soit que des gardiens distillent des informations pour « punir » certains récalcitrants, soit que les Appels en Cour de Justice se font par fournées de détenus qui entendent les tenants et aboutissants des affaires de leurs codétenus, soit que les détenus brodent n’importe quoi et, si ce n’est pas vrai, ça ennuie encore plus le mis en cause.
C’est pourquoi je compris pourquoi des jeunes musulmans qui faisaient le ramadan m’avaient si bien soigné durant mon séjour ils savaient, par je ne sais quel canal que le vieil arabe était chrétien et, pire se considérait comme français à part entière. Un koufar, pire : un koufar qui se vantait d'être français faisant passer les lois de la République avant celles de Dieu.
M’emmerder, moi le vieux chrétien, le Koufar qui pourrait être leur grand-père et du soir au matin, était-ce leur façon de faire du prosélytisme pour que je me convertisse à l’Islam ? Sans aucun doute, mais s’ils voulaient me dégouter de l’Islam, ils avaient trouvé la méthode adéquate, et je les en remercie du fond du cœur.
Chers parents qui affectionnez vous enfants, ne pensez-vous pas qu'une petite correction, quand bien même injuste ne serait-elle pas une méthode éducative des plus indiquées ? 

PS : toutefois, chers parents, méfiez-vous du juge qui, "spécialiste en matière éducative" n'apprécierait pas la fessée, encore moins lorsque déculottée. Il préfère que vos petits, grandissant mal, virent à la délinquance. Pour garder son boulot ? Je n'espère pas. Enfin, que vous dire de moins ?...
                                 _______________

« Les effets bénéfiques du ramadan sur les Animaux encagés ne durent qu'un temps. Frères, et vous mes Soeurs du Livre sacrés prions pour que le carême devienne permanent et inscrit dans la loi républicaine
Why not ? En effet, seul Dieu calmerait certains violents, la République devant constater son échec dans les banlieues qu'elle fuit.» (G.P.K. Texte de la maturité).

lundi 30 octobre 2017

La France Insoumise ? Bof !

J'ai toujours aimé le portrait photographique voilà pourquoi je n'ai jamais pu réaliser mon fantasme de montrer en mouvement un CRS et un manifestant se poursuivant comme s'ils jouaient aux gendarmes et aux voleurs dans la cour de récréation.  
Mes portraits au 1/4 de seconde se voulaient réalistes comme le sont les peintures qui obligent à la pose qui seule oblige l'âme humaine à accepter de se faire fouiller comme dans une sorte de palpation policière. Jusqu'à ses parties les plus intimes.

Nul ne peut devenir un assez bon portraitiste s'il n'établit pas avant un rapport de qualité avec son sujet. Il faut dépasser la confiance et aller vers la certitude. Je travaillais toujours rapidement car je savais me placer, utiliser la lumière et les ombres. 
Oui. Vous êtes bien. Ca nous prendra combien de temps ? Pas plus de dix seconde. Si, si. Je vous garantis. Non, ne souriez pas. C'est mieux. Je ne ferai qu'un seul cliché. Pourquoi ? Le second est souvent raté. Oui, un seul shoot. Une pose très lente. Non, c'est plus beau... oui. Je vous assure. Là, ne bougez plus, regardez-moi dans les yeux..., oui, par delà l'objectif.
-Je vous ferai le plus beau portrait du monde.
Une demi-seconde plus tard, le doigt déjà appuyé jusqu'à la double bossette du déclencheur, le viseur bien calé sur le nez et le front, le portrait était en boîte et je savait si le sujet avait bougé. Cligné des yeux ? Aucune importance.

Mais une bon portraitiste ne peut pas tout révéler. Voilà pourquoi j'ai conservé par devers moi des photos qui risquaient de nuire à des amis, des relations, des politiques dont trois ou quatre clichés de Jean-Luc Mélenchon pris à à un meeting électoral à Nîmes pour les élections présidentielles de 2012.
C'étaient les temps bénis du Front de Gauche réunissant communistes, socialistes de "l'autre gauche" située hors du PS, écologistes et autres démocrates de gauche. Il était une fois Mélenchon, son Parti de Gauche associé au PCF son mouvement de la France Insoumise. J'ai adhéré au discours du bonhomme jusqu'à voter pour lui aux élections présidentielles.

Pourquoi ai-je toujours aimé les contes de fée de ma mère avec Sid Ali, son bonheur avec sa belle Fatima, sa cavale blanche, son épée, le sable doré, le soleil, les roses et tout et tout ? Et aussi les combats victorieux, les courses effrénées dans la djebel et le désert, les eaux fraîches, la mer. Ma mère ? J'adorais, mais l'odeur du crottin, que je ne vous raconte pourquoi je déteste les chevaux. Oui, mais trop d'histoires, trop de Partis, trop de Mouvements nuisent à la clarté des discours, à leur crédibilité parce que je sens qu'il y manque de la simplicité, de la sincérité qui nuisent à notre bonheur. Aussi, aujourd’hui, je déteste que l'on me raconte des histoires. Des contes, je veux, aussi, en voulez-vous ?
Donc, il était une fois un type bien adulé par le petit peuple qui détestait le hautain Giscard d'Estaing. Ce type rassurant hurlait son socialisme en loup qui ne pensait qu’à laisser son nom à l’histoire. Encore, fallait-il le savoir. Prémuni par maman Fatima, je m’en méfiais comme de la peste :
-Gillinino, méfie-toi d’un homme qui t’offre son cœur, surtout s'il le tient dans sa main car, souvent, à la place tu n’y trouveras qu’une pierre.

Dans la France de 1972-74, les seuls qui prenaient soin des pauvres étaient des chrétiens, des syndicalistes et nos petits communistes français qui mettaient leurs espoirs en Mitterrand, le socialiste marqué, mais manqué. Encore fallait-il le démasquer, tant le coquin parlait bien. Ah ! L’espoir, sous les senteurs d'une révolution rose nous revenait. Las, ce temps ne dura que ce que durent les roses, l'espace d'un matin.
Vous me direz, quid de la peine de mort, du RMI, ces avancées extraordinaires ? La première n’était qu’une exigence de l’Europe, la seconde une concession au début du capitalisme débridé afin d’éviter les troubles sociaux qu’il gênerait.
En 1981, je déclarais avant les élections présidentielles que nous, communistes ne devrions pas voter pour Mitterrand, non parce qu’il avait reçu la francisque de Pétain ainsi que le pasteur Bögner qui l’avait acceptée, comme tous les hommes importants de ces temps de la honte, ni qu'il avait fait un serment solennel au Maréchal comme tant d'autres, non pas aussi parce qu’il avait fait décapiter à tour de bras les résistants algériens du FLN qui étaient des français comme les autres*, mais surtout parce qu’il ne respecterait pas ses accords et que son seul but consistait tout bonnement à détruire le PCF qui avait permis la résurgence du Parti Socialiste, en toute forme de remerciement.

Entendu en réunion de Section :
-Le Parti communiste est le parti du Peuple. Il est démocratique. Sa ligne est de faire campagne pour Mitterrand. Tu t’es exprimé et nous t'avons entendu. Tu dois entendre la voix de la majorité, et donc ne pas t'opposer au peuple en public.
Comme toujours, le parti et le peuple ne faisant qu'un, ne représentant que moi-même, aussi, bête mais indiscipliné, je votais avec mes pieds.
*Ndlr : les historiens mondiaux d'abord, les politiques français, ensuite remettront en toute gloire les fellaghas provinciaux algériens dans la résistance française au colonialisme.

Aujourd’hui, en 2017, je me sens encore plus floué qu’en 1981 puisque j’ai voté pour Jean-Luc MELENCHON pour la présidentielle. Ce que fit Mitterrand pour se servir du Parti Communiste Français pour ensuite s’en débarrasser, ce vilain citoyen nous le ressert.
Jean-Luc, toi le donneur de leçon, ne ferais-tu pas dans ta culotte ? Surtout, ne me dis pas que tu es un sans culotte car, d'abord tu sens mauvais et qu'ensuite tu ne révolutionnes rien si ce ne sont les travers de tes anciens, à la façon de Mitterrand.

J'ai l'honneur et la joie de vous annoncer que je ne voterai pas aux les législatives pour la France Insoumise qui se déshonore.
Fatima aura toujours raison : la Bonne Mère de Marseille se rappellera aux bons souvenirs de Mélenchon.

Ndlr : texte écrit avant les dernières législatives. Qu'on se le dise !

A million.

Gouache Edouard Herzig (1860-1926)
Fatima, ma mère me désespérait. Lui apprendre à lire et écrire, à poser des additions ? Elle se comparait à une ânesse. Te rappelles-tu ?
 -Peut-être, papa. Mais, pas pour le pognon. Pour du sérieux, c'en était. Pour prêter, mon fils ? Pour donner, c'est moins et, pour prêter... faut rendre, mon fils !
Et elle donnait du "Mon fils" à tout un chacun. Nature que ma vieille, mais elle abusait. 

C'est vrai qu'avec l'argent... Un jour, qu'elle me dit :
-Y-en a besoin d’queque chose ? (As-tu besoin de quelque chose ?).
-Non, maman. Ça va bien pour moi.
Elle me traîna, vers la rue du Maquis.
Pour ma mère, Fatima ne connaissait que deux caisses d’épargne : la mienne à laquelle elle me renvoyait quand je l’énervais, le bistrot et la sienne, là où se trouve l’Ecureuil.

Le guichetier, ma mère se l’embrassa affectueusement :
-Bonjour, Fatima. Tiens ! Salut, Gilles. Il y avait longtemps...
-Mon fils, aouid a millione ! (Mon fils, donne un million!). Ma mère était pressée.
-10.000 francs, c’est cela ?
-Lala ! A millione ! Non ! Un million ! 
Ma mère  soutirait une brique de son bel et bon argent à son fils de banquier… Bon, un million de centimes ? Pourquoi pas, et le voilà alignant les billets de 500 francs dans le temps que ma mère les réduisait en 50.000 anciens francs pour mieux les additionner. Et ça marchait !
-Prends, mon fils. Prends.
Ai-je pris ce million de centimes ? J'allais me gêner car je saisissais enfin que ma mère se sentait culpabilisée par mes trop nombreux refus !

Faut dire que la Mère, comme le disait si bien mon frère aîné avait un sens inné de l’équité et, lorsqu’un de ses fils lui tapait un peu de sous, par exemple a million, elle, sachant que le Bon Dieu fit les temps d’argent toujours aussi difficiles pour les enfants afin de mieux les attacher affectivement à leurs vieux parents, elle :
-Y-en pas pas besoin d’queque chose ? (N’as-tu pas besoin de quelque chose ?).
-Mais, non, maman.
Cette phrase, je l'avais entendue bien souvent sans savoir que ma mère, en cédant à la sollicitation de l’un donnerait la même somme d’argent aux deux autres. Faut dire aussi que ma mère ne m'a jamais expliqué, primo qu'elle cédait aux sollicitations des frangins et, secundo le pourquoi de cette phrase rituelle qui s'appliquait à de l'argent qu'elle pensait me "devoir". Mais, si je refusais, hein ! Pourquoi insisterait-elle ? Curieux, quand même, ne trouvez-vous pas ce manque de transparence ? Pour ma part, je déclinais toujours cette offre, non que je n’en eus pas le besoin, mais j’estimais que tant que je ne crierai pas famine, je m’en passerai. Ma fierté berbère*.
*(Par berbère, comprenez ceux de haute et belle lignée).

-Tu te rappelles, Papa*, mémé... pour lui apprendre l’heure ? Même que tu lui avais acheté un réveil bruyant qu’elle remontait tous les jours et on se demande encore aujourd’hui à quoi il pouvait bien lui servir, sauf à lui rappeler un des rares cadeaux de son fils. Oui, Papa. Et, à chacune de nos visites, on n'entendait que le tic-tac  du réveil dans sa chambre, et notre premier soin était de le remettre à l’heure.
-Par contre, elle ne remontait jamais la sonnerie. Tu as remarqué ? Un réveil qui ne servait qu’à la bercer pour l’endormir, jamais à la réveiller.
*Julie n’utilise le Pôpâ qu’au téléphone, voila pourquoi ce gentil  Papa.

Ma mère aurait dégoûté tous les meilleurs pédagogues.
-Maman, regarde. Quand la petite aiguille montre le 12, c’est midi, l’heure du repas. Et quand elle montre le 6, en bas faut se lever. Tu comprends ?  
Je crois qu’entre comprendre mes explications et prendre plaisir au seul son de ma voix, son choix était fait. D'un réveil pour se lever ? Mais, elle n'en eut jamais le besoin. Alors ? Elle me regardait avec les yeux aimant de Leïla* sans jamais percuter.
-Mais maman ! Tu n'écoutes pas !
-J’ma fous, mon fils. (Entendez : Je m’en fous, mon fils).
*(LeÏla, ma petite chienne tant aimée ne percutait jamais, mais que d'amour entre-nous).
Et dire que je n’avais pas pensé à enlever la grande aiguille du réveil qui compliquait tout. De même qu'il s’avèrera plus tard que ma mère était myope de chez myope. Parfois, elle cousait à gros points et, lorsque l’aiguille lui échappait, elle la recherchait du plat de la main à l’endroit où elle estimait qu’elle devait être tombée et finissait par la retrouver, se piquant souvent :
-Hi... âhhhh !

Pour enfiler le fil dans le chas ? Elle le mouillait de salive, le torsadait, prenait l’aiguille puis le pinçait à hauteur du chas, le tout serré entre le pouce et l’index et, de son autre mains faisait glisser l’aiguille entre ses doigts vers le fil fermement retenu.
Pour ceux qui n’auront pas compris, je demanderai un dessin à René.
Parfois, j’ai plaisir à savoir que ma mère, qui a toujours affirmé qu’elle était bête se glorifiait d'avoir suivi, elle une des seules fillettes berbères du village, une scolarité à l’école coranique, excusez du peu mais seulement pour apprendre le Coran par cœur, aussi, depuis ma mère savait se cantonner dans ce qu’elle maniait à la perfection, à savoir la connaissance de l’humanité en faisant le pari que l’amour que l’on porte à son prochain lui permettrait de devenir meilleur.

Donc, messieurs de la pédagogie, m’obligez pas, en vous penchant sur l’oreille et la vue de vos élèves que, sans l'amour de votre travail, vos élèves ne resteront jamais que des ânes…
-Mais, non, maman, tu es intelligente... d'abord parce que tu es ma maman !
-Izane !* (Berbérisme que la Mère n’aimerait pas me voir traduire, quoiqu'il n'est qu'à demander).

Traduction libre pour Izane ! : Merde ! (mais dans le sens de Grosse merde ! sachant que son Gillino pesait ses bons 70kg).
T

dimanche 24 septembre 2017

Les Psaumes de la Renaissance. -4

Le 16ème siècle, par la Réforme en France amènera un changement fondamental dans les âmes en reposant la question du salut par la foi ou les œuvres et celle de l'incertitude de la résurrection et de la vie éternelle.
Jusqu’alors, le catholicisme se comportait comme le judaïsme et l’Islam qui affirmaient que Dieu existait physiquement. Aussi, tous ceux qui mettaient en doute cette certitude blasphémaient en insultant à la réalité de l’existence de Dieu et méritaient la mort, d’où la violence des guerres de religion.

Le doute incroyable qu’amena la réforme en posant ce préalable que seule la foi fondait l’église du Christ en primant les œuvres deviendra un véritable scandale pour les autres religions, catholicisme compris qui y voyaient poindre le danger de l’athéisme.
De même, elles estimaient que l’égalité entre hommes et femmes devant Dieu, défaisant le pouvoir de tous « pasteurs », pape compris, ainsi que l’inutilité des lévites faisait fi des prescriptions des Livres.

Cette foi nécessaire, ce doute incroyable, fondement du christianisme qu’apportait le protestantisme gênera le catholicisme du 16 au 18ème siècle. La foi et le salut ne dépendaient plus de l’église et du prêtre et ne sauraient qu’être une grâce divine avec pour conséquence que le vocable « église », n’étant plus lié à une organisation humaine rigide, structurée redeviendrait celle du Christ et ne se composerait plus que de membres à égalité devant Dieu qui se choisiraient librement un pasteur pour les aider.

Dans la liturgie catholique, les psaumes de David tiennent une place prépondérante parce qu’ils portent cette notion d’un Dieu physiquement présent et agissant sur nos vies. David n’a aucun des doutes du protestant. Il n’est qu’à se pencher dans les livres de Samuel : Dieu est vivant puisqu’il lui parle.
-Aurais-je la victoire demain ?
-Ton ennemi est dans ta main.
Dans l’esprit de Calvin, le psaume importait surtout dans la mesure où le croyant pouvait s’identifier à David qui propose de tenir, comme d’un modèle de louange des dialogues contractuels vivants avec Dieu. De plus, cela permettait d’affirmer à tous que le "religion" réformée fut la digne continuatrice de l’église chrétienne primitive rénovée. 

La Réforme française, fille de l’imprimerie semble, au départ s’inscrire dans un mouvement de recul de la pensée car elle affirme la primauté de l’écriture, le protestant s’obligeant à ne rien rajouter ni enlever à la bible or, ne serait-ce que le récit de la Genèse de la création de l’Univers, le protestantisme interdirait le doute scientifique.

Toutefois, hormis cet aspect de « ni ajouter ni retrancher à la parole de Dieu », les temples protestants français, dirigés par les anciens cooptés ou des élus créent des petites républiques qui « gangrènent » le royaume de France. Inacceptable pour le roi et la religion d’état.

La diffusion et la vulgarisation de la bible françoise d’Olivétan (Neuchatel, 1535) réalisée à partir des textes en hébreu et en grec, tout en corrigeant la Vulgate ainsi que le psautier permettront de sortir la religion du carcan de la langue de l’Empire romain, le latin, la langue du pouvoir pour la resituer dans celle du royaume de France.

Dès 1562, la sortie de plus de 50.000 exemplaires du psautier de Marot et de Bèze en français fut un succès « mondial » tel que tous, jusqu’à la cour de France chantaient les psaumes. Il se dit même qu’on les dansait au Pré au Clercs à Paris.

Dans les campagnes, et jusqu’à l’instauration de l’école obligatoire, toute la France parlait patois, chaque région possédant son « idiome». En 1702 et la guerre dite des Camisards, les seuls à manier parfaitement le françois furent ces protestants révoltés et il n’est qu’à consulter les archives et noter l’indigence des écrits des gradés militaires, des curés et des responsables de l’Etat pour se rendre compte que la langue françoise peinait à supplanter tous les parlers locaux.

C’est pourquoi, il est indéniable d’affirmer que le recueil de poèmes de Marot et de Bèze, le seul que possédaient les Réformés de France et de nombreuses familles catholiques, ainsi que la bible, cachés pendant plus d’un siècle stabilisèrent l’écriture et le parler françois dans toutes les couches dirigeantes et populaires du royaume.  Ils firent aussi souffler un véritable vent d’espoir pour la liberté de conscience et furent d’excellents « maître » d’école et une encyclopédie qui traitait de religion, de poésie, de musique, d’amour, de haine, d’amitié, de paix, de guerre, de gestion de l’Etat, des droits et devoirs des juges, des princes et du roi, de la primauté, non de l’Eglise mais de Dieu sur les hommes. Avec l’égalité et la justice sociale, les psaumes de la réforme, à la suite de l’évangile, appuyèrent fortement sur la séparation du temporel et du spirituel : maintenant, l’obéissance du croyant à Dieu différait de celle que le sujet devait à son roi et à l’église officielle.

Ici, je rappelle que, dès 1562, les petits pâtres du Languedoc, du Poitou, de Normandie ou d’Auvergne qui n’avaient jamais fréquenté l’école, s’ils parlaient journellement leur patois maternel lisaient la bible, écoutaient les sermons et chantaient les psaumes en françois qu’ils avaient appris dans la bible et les psaumes de Marot.

Or, dès l’interdiction du culte réformé par la révocation de l’Edit de Nantes, « l’église sous la croix » se structurait. Sans pasteurs pour la conduire, elle se réfugia dans l’ancien Testament et le chant des 150 psaumes de Marot (leur correction par Conrart terminée en 1683 n’aura pas eu le temps de parvenir dans les campagnes).
Très rapidement des hommes et des femmes entrèrent en transe, comme David ou Samuel et se mirent à prophétiser. Problème il y avait pour le royaume de France car le Dieu de l’ancien testament est Roi des armées, un dieu jaloux et vengeur qui justifiera la guerre des camisards.
On était bien loin du Dieu d’amour de l’Evangile.

Accélérateurs de l’adoption, par tous de la langue françoise, immenses leviers pour la liberté de culte, œuvre poétique et musicale, les psaumes de la Réforme se doivent d’être préservé et redécouverts.

samedi 23 septembre 2017

La langue de Marot. -3

Tout d’abord, je tiens à remercier le Pasteur de la chapelle évangélique du Vigan qui, le premier me propose pour ce vendredi 29 septembre une entrevue. Il décidera ensuite de la suite à donner.

Ensuite, reconnaissons à Calvin, qui a commis les aulcuns psaumes le mérite d’estimer qu’on pouvait faire mieux que lui en embauchant Marot pour que les psaumes en latin de l’église catholique le soient en françois qui devenait ainsi la langue « sacrée » pour être chantés aussi par les femmes qui en étaient interdites, compris de tous et, ce faisant remettre hommes et femmes dans un rapport direct avec leur Dieu, sans aucun intermédiaire, à la façon de David, Moïse, Salomon et autres lévites, le laïc devenant clerc.

Dans notre recueil de Psaumes de 1562 se trouvait toujours, en exergue un argument tiré par les cheveux qui resituait Jésus Christ, seul fondement de notre foi pour que nos réformés ne puissent pas penser que nous étions comme le roi David absolument certains que Dieu existât. En effet, seule la foi importait. Du peuple élu, soit mais notre rapport à Dieu nécessitait l’intercession du Christ.
Exemple d’argument en préambule, celui du Pseaume 96 de Théodore de Bèze, (Entre parenthèses la version moderne du poète Roger Chapal de 1970. A savourer.) :
Argument : C’est une description de la haute majesté de Dieu & de sa justice, afin que tout le monde s’humilie sous luy, & que toutes idolatries soient abatues. En la fin tous ceux qui le craignent sont exhortez à se fier & resjouir en luy.

Chantez à Dieu chanson nouvelle,   (Peuples, chantez partout sur terre)
Chantez ô terre universelle,                Le renouveau que tous espèrent !
Chantez et son nom bénissez,             Louez le nom du Dieu sauveur,
Et de jour en jour annoncez                Du merveilleux libérateur :
Sa délivrance solennelle.                     Sur notre nuit vient sa lumière).


Ceci dit, abordons la langue de Marot toujours belle dans ses paraphrases des psaumes de David, quand bien même on pourrait penser que le quidam se moquait parfois de Calvin et même lorsque Théodore de Bèze l’imitait en utilisant, comme lui des vocables passés de mode à l’époque.
Les psaumes de Marot. Tous ? Pas tout à fait mais soyons aussi généreux avec Marot, qui n’en aura paraphrasé que 49 qu'avec le roi-prophète David qui ne totaliserait qu’une petite moitié des 150.

Souvent, je taquine nos pasteurs et nos protestants :
-Préférez-vous les psaumes de Marot ou de Théodore de Bèze ?
-Ceux de Marot sont beaucoup plus beaux. Sans nul doute !
On peut être instruit dans les choses de Dieu et sortir une belle ânerie :
-Vous connaissez donc les vers de Marot ? Le vieux françois ?
-Heu, ben…
Moi-même, je ne m’arrête plus à vouloir distinguer Marot de Bèze tant ils sont liés et tant leurs paraphrases sont parfois identiques, se distinguant par leurs mêmes qualités et défauts, surtout quand Bèze tente d’imiter les archaïsmes de langue de Marot.

Lorsque l’on chante les psaumes de 1539 à 1562, je suis surpris par la modernité de la langue de l’époque. Tous les mots, presque toutes les expressions idiomatiques, tous les temps, toutes les conjugaisons, tous les accords de participe passé avec le verbe avoir, les M devant un P et un B, tout y est. Rien n’a changé sauf que l’accent circonflexe remplacera les S inutiles comme dans forest qui devient forêt et les imparfaits, les ois se feront ais, tandis que le j, le i et le y reprendront une place plus moderne ainsi que le z qui ne remplacera plus le s des noms communs.

Considérant tout cela, je n’arrive pas encore à comprendre qu’avec tous les outils à leur disposition Marot et Théodore de Bèze ne nous aient pas proposé des psaumes plus « modernes » dans leur écriture. Et, pourtant, admirez nos poètes de la Réforme.
Exemple de l’écriture de Marot au Psaume 10ème  (écrit avant 1543) :

D’où vient cela, Seigneur ie te suppli’,
Que loin de nous te tiens les yeux couvers ?
Te caches-tu pour nous mettre en oubly,
Mesmes au temps qui est dur et divers ?
Par leur orgueil sont ardens les pervers,
A tourmenter l’humble qui peu se prise.
Fay que sur eux tombe leur entreprise.

Ecriture de Théodore de Bèze au Psaume 92 (1551 ?) en italique et de Roger Chapal en 1970 entre parenthèses. Pour le fun :

Ô que c’est chose belle             (Oh ! que c’est chose belle                       
De te louer, Seigneur,                 De te louer, Seigneur
Et du Trèshaut l’honneur           De chanter ta splendeur
Chanter d’un cœur fidèle !         Au milieu des fidèles ;
Preschant à la venue                   Quand le jour vient de naître,
Du matin ta bonté,                      D’annoncer ta bonté,
Et ta fidélité                                  Et ta fidélité
Quand la nuict est venue.          Quand la nuit va paraître).

Un siècle après la parution du Psautier de la Réforme, au dernier synode de l’Eglise protestante de Loudun en 1659 le dernier avant la révocation de l’Edit de Nantes, on demanda à Conrart (premier secrétaire de l’Académie française) de réécrire les psaumes de 1562 en françois plus moderne. Si on veut !
Ayant entre les mains un des derniers psautiers édités en 1919, je me mis à travailler les psaumes en pensant qu’ils étaient originaux.
Malheureusement, la versification de Conrart et les mélodies (revue pas Claude Goudimel) étaient altérées. Quand on pense qu’en 1551 la ville de Genève mit en taule pendant une journée Loys Bourgeois qui avait tenté de moderniser les premières mélodies.

Pour les musiques originales, je me suis procuré le psautier français (éd. Réveil publications. 1995), recueil intéressant qui ménage la chèvre et le chou en proposant, surmonté d’un astérisque des altérations musicales avec, parfois des mélodies légèrement altérées (normal pour les harmonisations d’après Goudimel, Jacques Feuillie, Alain Mabit, Claude Lejeune qui supportent mal le modal musical).

J’ai fini par acquérir LES PSAUMES en vers français avec leurs mélodies, fac-similé de l’édition genevoise de Micher Blanchier, 1562 (DROZ 1986).
Dommage que le titre du livre ne signale pas « en vers françois ».
A partir de cet ouvrage j’ai travaillé nos chants en transposant le musique de clé d’ut en clé de sol et en y ajoutant les barres de mesure absentes sur la musique originale (ce qui ne signifie pas qu’elle n’était pas mesurée comme de nos jours).

Le premier grief que l’on pourrait  faire aux concepteurs des psaumes originaux est de n’avoir sans nul doute pas créé un cahier de charges clair qui aurait lié les paroles à la musique ce qui fait que les versets de beaucoup de psaumes finissent avec un temps manquant ce qui gène la reprise du verset suivant. De même, il semblerait que les écrits de Marot et de Bèze ne semblent pas avoir passé par un crible de "censure" : trop souvent des longueurs pesantes, des redondances, des vers légers, une poésie parfois lourde et indigne d’un poète, aussi bien chez l’un que chez l’autre.
De 1526 (certainement le premier psaume de Marot, le sixième pour attendrir François 1er) à 1562, le français a évolué dans l’écriture des mots pour se stabiliser.

Conclusion de ce qui précède ? La langue de Marot et de Bèze me plaît énormément. Celle de Roger Chapal ? Bof !

Dieu pardonne tout, même à nos protestants d’aujourd’hui qui estiment que ce galimatias de Chapal serait poétique. Quand je pense que certains, dans notre bonne ville du Vigan me traitent de poète-poète… M’est avis que le barbu doit tirer une de ces gueules aux cieux. Quant à moi ?
Ben, moi ? Mais, je préfère encore mieux chanter la louange à Dieu en bons vers françois, et foin de cette bouillie moderne à la mode de Roger Chapal.
Sans rancune, man !

Petit oubli détestable : Ci-git la modernisation du Psaume 10 de Théodore de Bèze par le même Roger Chapal. Tout un poème. Comparez avec l’original ci dessus :
Pourquoi, Seigneur, te cacher loin de nous ?
Le pauvre souffre en ces jours de terreur,
L’impie s’acharne à le rouer de coups
Mais il se prend aux pièges de son cœur.
L’homme orgueuilleux méprise le Seigneur :
« Si Dieu n’est rien, je ne suis pas coupable »,
Vont répétant tous ces insatiables.

vendredi 22 septembre 2017

D’une acculturation au Psautier. -2

Pourquoi cet intérêt pour les psaumes originaux de la réforme ? Pour faire simple, je dirai qu’il est la résultante d’une acculturation non désirée, de ma profonde adhésion au protestantisme, de cet amour immodéré pour la musique « occidentale » et de cette passion pour la France et sa langue, la plus belle au monde que mon premier instituteur, Monsieur Batista m’avait transmise. Ce corse et sa femme se seront démenés comme des diables pour que tous les petits berbères, garçons et filles kabyles issus de notre Algérie clochardisée par la France (dixit Charles de Gaulle en 1943) puissent bénéficier de la République laïque.
Pourquoi ? Par esprit de liberté, d’égalité, de fraternité et surtout d’humanité. Devenir français, soit mais tout en permettant que le peuple algérien puissent vivre dignement en étant respecté de tous, pieds-noirs surtout. Appelons cela les bienfaits de la colonisation. Certainement les seuls. Et barka !

J’ai été élevé à Yakouren (Haute-Kabylie) par Fatima, ma mère qui fut proprement dépouillée par sa famille et jetée à la rue et qui, recueillie par la Mission Rolland s'usa comme femme à tout faire pour pouvoir élever ses trois orphelins.  
Cette mission était issue de la North American Mission qui se francisa lorsque le gouvernement français, dès la fin du 19ème siècle obligea tous les organismes religieux étrangers à passer la main à des pasteurs ou des prêtres français.

Le statut de l’Algérie française fut toujours ambigu, tout d’abord à cause de l’Islam que l’on considérait incompatible avec l’intégration française, tous les pasteurs en étant convaincus. Son territoire, déclaré partie intégrante de la France avait un statut d’indigénat et, dans notre république pas si laïque que cela, pour devenir français à part entière il convenait de se convertir au christianisme, prendre un prénom français et, ainsi renoncer à recourir au droit de l'indigènat.

Administrativement, la province d’Algérie fut composé de communes de plein exercice (les villes et gros bourgs) perdues au milieu de zones de droit approximatif composées d’immenses communes mixes gérées à la façon romaine par des agents de l’Etat où, dans les douars reculés de montagne les indigènes rechignaient à déclarer les garçons à "l’état civil". Dès 1943 et le débarquement américain en Afrique du nord, ce phénomène de résistance "civique" s’accentua car le petit peuple délaissé ne voulait pas que ses nouveau-nés puissent "bénéficier" de la conscription pour servir de chair à canon à la France.
Mais de ça, je vous en avais déjà causé.

Tout naturellement, en 1945, ma mère n’avait encore jamais connu de français ni d’administrateur dans son douar, si ce n’étaient les gendarmes qui terrorisaient les indigènes par une brutalité d’un autre temps.

Une autre méthode consistait à déclarer des enfants nés de parents inconnus sur le territoire français, l'Algérie en faisant partie intégrante pour les faire enter de facto dans le cadre de la nationalité, d’où toutes les dérives et les drames familiaux. Dans la foulée, on les affublait de deux prénoms français, l’un faisant office de nom patronymique, ce qui accélérait l'acculturation.

C’est ainsi, qu’avec ma mère je découvrirais à onze ans sur ma carte d’identité nécessaire pour émigrer en France que je m’appelais Patrice, "né de père et mère inconnus". Tel quel.
Ma mère alla chercher sa petite hachette soigneusement aiguisée réservée au cou des poules et à son petit bois pour s’en aller tuer les deux missionnaires qui n’y étaient pour rien. Une folle hystérique.
La peur de ma vie.
-Allez, mon fils, on s’en va.
-Non, maman. Je veux aller en France.
Faut croire qu’elle aimait particulièrement son "amazouz" car elle se résigna à m’accompagner.

Le petit berbère que j’étais, tiré charitablement du statut de l’indigénat fut élevé en bon français protestant d’obédience baptiste qui se mit à aimer chanter en voix nos cantiques que je découvrais avec les deux sœurs missionnaires suisses allemandes qui les apprenaient, ainsi que la langue française en même temps que moi.

Toutefois, si j’aimais les mélodies de Cruger, Bach, Haendel, Beethoven, Bishop, Bortniansky, Brahms, Croft, Doane, Excell, Grabrieli, Gastorius, Hammerschmidt, Hassler, Haydn, Malan, Lutteroth, Malan, Mozart, Naegeli, Monod, Nicholaï, Neumark, O’Kane, Palestrina, Purday, Richter, Sankey, Schubert, Smart, Stanley, Isaak, Teschner, Urlhan, Wesley et autres compositeurs de nos beaux chants, les psaumes français me posaient question dans les altérations de leurs mélodies et de leurs rythmes (souvent archaïques) et dans les changements continuels de paroles que je trouvais dans nos différents recueils de louange.

Quant à l’harmonisation de nos vieux psaumes, tout un poème. Y était spécifié : d’après Goudimel qui, j’en suis sûr se retourne dans sa tombe, comme si on pouvait faire mieux que ce maître.
Concernant les nouvelles paroles de Roger Chapal (1970), je dirais : consternantes. Aux dernières nouvelles, Marot et Théodore de Bèze se tapent sur les cuisses au paradis. Enfin, en ce qui concerne Marot, grand pécheur devant l’Eternel, je ne suis pas certain qu’il ne se sentirait pas mieux aux enfers à jurer, à se pochetronner, à courir la gueuse et à jouer aux dés.
Et à blasphémer tout en chantonnant son 1er pseaume, le 6ème :

Ne vueille pas, ô Sire, 
Me reprendre en ton ire,
Moi qui t'ay irrité,
N'en ta fureur terrible,
Me punir de l'horrible
Tourment qu'ay mérité.

Quand on le compare avec la nouvelle mouture de Roger Chapal (1970) je vous laisse apprécier. Et seuls juges : 

Seigneur qui voit la peine
Où le péché me mène,
Cesse d'être irrité !
Dans ta juste colère 
Ne sois pas si sévère
Que je l'ai mérité.

Entre nous, seul le point d'exclamation de Chapal modernise le texte de Marot. Le reste n'en est que très mauvais. Que de progrès dans la langue et la poésie faits depuis 1539 en 478 années. On en tombe sur le cul.

A suivre : la langue de Marot.

jeudi 21 septembre 2017

Le psautier de la Réforme. 1562. -1

De gentils lecteurs s’inquiètent : 
 
- Tu n’écris plus dans ton blog. En panne comme ta Panda ?
Parlons-en de ma petite voiture qui vit ses derniers jours, mon garagiste chéri chez qui je l’avais amenée s’étant décidé à ne pas la réparer. S'il s'agissait de son véhicule personnel, on pourrait admettre. Par ailleurs, il entrevoit de me céder un véhicule d’occasion pour 1200 euro. C’est pas cher, et même cadeau pour toi. Oui, parce que c'est toi. Merci bien, mais je suis un pauvre.
- Mon ami. Pas le temps de m’en occuper. Trouve-toi quelqu’un d’autre.

Je veux bien, moi de ce « mon ami » qui voudrait que je lui achète, ou que je le désencombre (je ne saurais dire) de cette occasion qu’il me propose si gentiment... généreusement ? (j’achoppe douloureusement sur le mot pour décrire mon désarroi, cela se conçoit aisément) tout en me disant que si ce nouveau véhicule venait à tomber en panne comme ma petite Panda, mon animal de garagiste me ferait-il la grâce ou l’amabilité (on voudra bien choisir ou se trouver un terme plus approprié et j’autorise même la réécriture de toute la phrase) de le réparer, nonobstant qu’il avait chaussé ma veille voiture de deux pneus neufs il y a un mois puis effectué une réparation qui n’aura tenu qu’une petite heure avec retour à la case garage (respectivement 140 euro et 107 euro) ? Choquante, toute cette affaire. Faut croire que je suis du peuple élu.
Comme on disait dans l'armée française "Les baisés, comptez-vous".

Avec toute cette inquiétude pour ma fidèle Panda, j’oubliais René :
- Le blog ? Non, non l’ami, je ne suis pas en panne sèche mais je revisite les psaumes de la Réforme. Une mine d’or. Dès 2002, j’avais proposé une information au Bourilhou. Réponse ? Que nenni ! Trop religieux, ce qui n’empêchait pas l’organisation d’une conférence sur Esther et la fête juive des cabanes donnée par une jolie intervenante qui avait oublié de signaler que le véritable héros du Livre d’Esther était Mardochée, l’oncle de la petite. Gilou rectifia à l’occasion en amenant sa science sur la captivité du peuple hébreu.
(Tiens, voila mon petit Clément Marot et le psaume 137 : "Estans assis aux rives aquatiques de Babylon, plorions mélancoliques, nous souvenant du pays de Sion : et au milieu de l’habitation, où de regrets tant de pleurs espandismes, aux saules verds nos harpes nous pendisme.").

- Comprends pas ! Pourtant tu intervenais à titre bénévole au Club photo au Centre Culturel et faisais la fermeture tous les lundi soir, et que même quand l’alarme sonnait… Curieux. On aurait pu faire un effort, discuter. Je ne sais pas, moi. Non ?
- Peut-être mais on m’a orienté vers les protestants que l’affaire devrait intéresser. Tu parles !

 - Avant, je m’étais rapproché des temples de la région. Aucune réponse si ce n’est celle d’un pasteur, une femme du bas Languedoc qui m'écrivait que son conseil presbytéral ne voulait pas donner suite.
J’ai fait réponse à cette brave dame en lui disant que si elle comptait que Garou ou Pavarotti viennent chanter les psaumes en françois, elle attendrait longtemps pour leur dérouler le tapis rouge. Concernant Pavarotti, peuchère... Aujourd’hui, je m’en veux de cette réponse.

J’avais sollicité le pasteur d’Anduze (j’étais un des fidèles de son temple, à l’époque). Pas de réponse. Un samedi que j’allais chanter en françois avec les Réformés hollandais (fin juillet, début août), ce monsieur me demanda si c'était un psaume. Faut bien dire que, si on reconnait un hymne religieux à sa musique encore faut-il la connaître et, sur les 150 psaumes plus de la moitié est aujourd’hui inconnue des protestants français.

- Pas fini. Attends ! J’avais même fait une information lors d’un culte au Vigan. Rien, si ce n’est Guépard qui, à chaque fois qu’il me rencontrait le dimanche après l’office :
- Et ces psaumes, Gilles !
- Il est vrai que si tu étais un notable du Vigan, quand bien même musulman tu aurais pu organiser une conférence à la Gerbe. Sur le soufisme ? Possible, mais les Psaumes de Marot et de Théodore de Bèze, allons donc. Inintéressants.

- Attends, ce n’est pas fini. A force d’être gonflé, j’ai pris ma guitare et suis allé dans des temples ouverts en été. On m’a une fois demandé si j’avais l’autorisation de chanter en ces lieux vides avec parfois des touristes qui les visitaient. Ils semblaient intéressés mais ils n’étaient pas de la région. Pour l’autorisation, je répondais toujours que j’avais celle de notre Père qui est aux cieux, que son nom soit sanctifié et, considérant que "Tout protestant fut pape, une bible à la main" d’après Boileau (pour lui, la révocation de l’Edit de Nantes les avait tous éradiqués), je me savais dans mon droit dans ces temples. 
Pas de bol, mon petit Boileau car, avec l'aide seule du psautier et de la bible, sans aucun pasteur dès 1685, le "petit troupeau" de Richelieu se maintint jusqu'à nos jour.

- C’est bien gentil, tout ça, mais tu fais quoi maintenant ?
- T'as raison, René, faut agir. Qu'on me pardonne mes offenses mais on ne va pas se laisser emmerder. Je commence par contacter des responsables protestants du Vigan et j’attends leur réponse. Si ça ne bouge pas, j’arriverais bien à leur louer un de leurs temples malheureusement trop souvent fermés pour organiser une conférence avec chant des "Pseaumes".
- Je te concocte une affiche. Tu m’en diras des nouvelles.

Merci, mon bon René. 
- Ah ! René, sur l'affiche tu noteras bien : "Présentation des Psaumes", tu sais, comme lorsque l'on présente son nouveau-né au temple. 
Bon. Voila qui est dit. Attendons.

jeudi 31 août 2017

Dieu existe !

Oui, Dieu existe réellement ! Si je te le dis, tu peux me croire ! Et, l'autre qui hésite, qui chipote :

- Ben, je ne sais pas moi, mais de la façon dont tu l’assènes. Pas le moindre petit doute réservé à la foi ? La foi en seule certitude… certaine, pas le moindre petit doute ?
- Parce que tu ne crois pas en Dieu… Tu ne crois pas qu’il existe ? Et le soleil, les oiseaux ? Il te faut quoi encore !
- Le soleil, je ne dis pas, mais quand même, la question mérite réflexion.

- Et si Dieu me parle ? A moi ? Comme à Moïse ? 
- Oui, comme à Moïse...
- Ma foi, j’en sais trop rien. Et de sa voix ?… Je n’en ai pas souvenance.
- Tu ne crois pas que Dieu existe et qu’il fait des choses pour toi ? Mais, qu'est-ce qu'il te faut encore ?
- Tu penses qu’il prendrait soin de moi ? Ben, je préfère croire qu’il m’a fait à son image, et que donc…
- … et donc, tu te prends pour Dieu, tu t’en passes même, à l’occasion. Bravo !
- Je ne dirais pas la chose ainsi, mais c'est vrai que, si Dieu existe il m'a fait intelligent et m'a donné les capacités de tout...
- ...Oui, c’est vrai que toi, tu sais tout et que de Dieu, tu t’en passerais bien.

- Mais, non ! Moi, vois-tu, si je savais que Dieu existait réellement, je m’en foutrait. Pourquoi ? Ben, oui, pourquoi ?...
- Oui, pourquoi ?
- Mais, parce que je n’aurais plus besoin de me poser de questions, croire, ne pas croire. Et de la vie éternelle ? Mais, on s’en foutrait, elle serait acquise… tu sais, les certitudes, ça vous éteint les croyances. Et puis, quand tu vois tout ce que les religieux lui font dire, au Bon Dieu concernant, le mariage pour tous, le divorce, la procréation médicalement assistée, et même que le Sida serait une malédiction divine pour punir les homosexuels, et que le préservatif n’aurait rien de chrétien, et que la procréation obligatoire primerait la jouissance… et patin et couffin. Merde, enfin !
- Mais, qu’est-ce que ça à voir avec Dieu ?
- Demande-le à Fannie si la jouissance.. et à tous les curés pédophiles et aux égorgeurs musulmans qui, eux savent bien que Dieu existe, la preuve il est si bon qu’il les absout.
- Mais…  mais, ça n’a rien à voir avec Dieu, tout ça !

- Sans doute, mais tant que je serai sûr que Dieu a peu de chance d’exister, j’ai envie d’y croire. Pourquoi ? Mais, parce que cela fonde ma foi en mon humanité qui a envie de croire en son devenir.

Croire, sans savoir, n’est-ce pas ce que l’on appelle la foi ? Croire sans savoir !